quelle est l’origine de la chefferie Fotouni au Cameroun?

Balatchié-Fotouni  : Un village aux caractéristiques singuliers occupé par un peuple déterminer

Le village Balatchié-Fotouni est situé dans le creux des montagnes au sud du groupement Fotouni. Cette position stratégique avait d’ailleurs fait de lui le second fief -après Batcha à Bana- des nationalistes Kamerunais pendant les troubles qui avaient précédé l’indépendance du Cameroun dans les années 1950.Pour confondre l’ennemi, les nationalistes lui avaient donné le nom de « Duala-Ville ». Aujourd’hui cet hameau d’environ 2000 âmes est encadré par les villages Balafi au Sud, Bamendjo au Nord, Badenla à l’Ouest et Babong à l’Est.
L’économie de Balatchié-Fotouni repose essentiellement sur l’agriculture, l’élevage et l’artisanat. Comme la plupart des autres villages des hautes terres de l’Ouest Cameroun, la déprise caféière des années 90 a apporté un coup dur à son économie et partant, à son développement. Ce qui a eu pour conséquence directe, l’exode rural massif des jeunes vers  les milieux urbains. Néanmoins, Balatchié-Fotouni dispose encore de nombreux atouts pouvant insuffler un souffle nouveau à l’économie du groupement Fotouni en général. Il s’agit par exemple des vastes terres en friche, d’une hydrographie abondante pouvant permettre le développement des activités piscicoles. Son relief pentu et l’abondance des cours d’eau facilitent aussi l’irrigation pour l’agriculture maraîchère. Par ailleurs, les terres en friche peuvent être facilement exploitées pour l’élevage. À cause de ces atouts, signalons la présence de sable dans les nombreux cours d’eau qui traversent le village. Ces atouts montrent que les gens de Balatchié-Fotouni sont nés avec une cuillère d’or dans la bouche.

Genèse du village Balatchié-Fotouni

L’historique des origines du village Balatchié-Fotouni repose essentiellement sur la tradition orale puisqu’il n’existe aucun document écrit récent ou actuel. Commencé avec le Chef Megouekom Prince de la Chefferie Fodanti qui a perdu ce trône et s’est exilé à Fondjomokwet ou il finit par s’intégrer en prenant part activement au développement du terroir. Il finit par entreprendre une violente bataille contre la chefferie Fondjomokwet pour gagner le trône.
La guerre avait duré plusieurs semaines et son magicien faisait des ravages avec les inventions mystérieuses, qu’il mettait au service de l’armée de Megouekom pour anéantir l’armée adverse et s’emparer de Fondjomokwet. Un traître de la maison alla vendre les stratégies de l’armée foudroyante de FONDASSEM aux Fondjomokwet. Grâce à ces informations, ils changèrent de tactique de guerre, se résolvant désormais à capturer le magicien en montant un piège avec un sac de cauris posé sur son chemin. Lorsque le marabout YAGKO apercu le sac, il se baissa pour le ramasser en pensant avoir trouvé une fortune et c’est alors que les troupes sortirent de la brousse et l’attrapèrent et le tuèrent. Ceci mit fin au mythe d’invincibilité qui faisait la suprématie de l’armée de Fo Megouekom.
En tuant le magicien, les soldats du roi des Fondjomokwet eurent la conviction d’avoir gagné la guerre. Ils se dirigèrent par la suite vers la chefferie pour capturer le chef sans grande opposition. Lorsque le Chef DASSEM se trouva presque aux mains de l’ennemi, il enleva de son sac un plantoir et pointa au sol. Le sol se fendit immédiatement en deux de la même façon que les eaux de la mer rouge lors de la fuite du peuple d’Israël devant les troupes du pharaon d’Égypte. Ses populations et lui se jetèrent dans le trou et grâce au mythe totémiques, ils se transformèrent en moutons et réapparurent à Fotouni sur la montagne située auprès de l’actuel site de la Chefferie. A partir cet instant, ils se fixèrent à cet endroit et y fondèrent la Chefferie qui se perpétua au fil des générations. Soumis comme vassal au roi Fotouni, ils régnèrent harmonieusement à cet endroit en consolidant leur identité culturelle sans se soustraire des exigences de développement. Une autre fraction resta et forma la communauté Balatchié de Fondjomokwet. Le souci du bien être des populations est resté un vœux pieux pour les différents chefs qui se sont succédés à la tête de ce village jusqu’ à nos jours.

Liste des différents rois ayant régner sur le village Balatchié-Fotouni depuis sa fondation jusqu’aujourd’hui

1789-                                                  Fô Megouekom
Fô Konlie
Fô Sopche
Fô Kouonsoh
Fô Lieukieu
Fô Modom
Fô Datseum
Fô Tchassie
Fô Foming
Fô Noudjom
Septembre 1968 à Août 2003 :           Fô Ngnetchokwet
Depuis Août 2003 :                             Fô Fomo
Deux autres rois n’ayant occupé le trône que de façon très brève ne figurent pas dans cette liste.

Présentation des rois ayant marqué l’histoire moderne de Balatchié-Fotouni.

  1. Sa Majesté NGNET CHOKWET Boniface

Né à Balatchié, il commence tout jeune une vie d’enfer à la mort de son père. Au lendemain de la mort de son père il s’observe à la chefferie un vide lié aux incertitudes relatives aux querelles de succession. La succession léguée à ce jeune homme sera confisquée par son frère aîné Fô NOUDJOM.
Les deux jeunes prétendants se rendirent alors à Fomopéa chez l’oncle de NOUDJOM où tout était planifié avant leur arrivée en vue l’élimination physique du jeune successeur. Le soir autour du feu à Fomopéa, l’oncle posa sept fois aux deux prétendants la question sur l’identité du successeur. Ayant perçu le piège, la victime répondit par anticipation : “Papa a laissé la succession à ton neveu”. Dans la nuit il se sauva pour échapper à la foudre du vampirisme qui allait s’opérer pour faire taire toute opposition à l’intronisation de son neveu. Le jeune se rendit alors à Bana chez son oncle TEZONGANKAM qui l’amena à Mbanga chez son cadet où il sera installé. Sans enfant pendant son règne de 40 ans, NOUDJOM installa l’inertie au village. A Mbanga, le futur chef travaille dans le complexe agro-industriel des expatriés Allemands. Sa femme et ses trois enfants décèdent et après neuf ans de célibat, il décide de se remarier. Quelques années plus tard il devint aveugle et les devins furent unanimes pour prédire l’abandon du trône. Lorsqu’il retourna au village, il retrouva la vue sans avoir pris le moindre médicament. Il s’y installa alors et entrepris les activités agricoles. Il intensifia la culture du café, introduisit l’élevage de boeuf. Il épousa d’autres femmes après la mère de l’actuel chef. Totalement guérit de sa cécité d’antan il mourut en 2003 en laissant dans le deuil outre tout un village, plusieurs enfants.

2) Sa Majesté FOMO André. 
Le financier arpente les couloirs de la BICEC en costume et marque la différence avec son chapeau traditionnel. Il concilie par ce mixage vestimentaire la culture traditionnelle et les valeurs de culture d’entreprise. De fat, sa vie reflète ce signe extérieur c’est-à-dire l’effort constant de concilier l’identité traditionnelle aux exigences de développement. Dans un espace mondialisé où l’ordre marchand règne en maître, ce Chef traditionnel pense que l’Afrique ira au rendez-vous du donner et du recevoir (civilisation de l’universel) avec sa culture. Voilà pourquoi le monarque de lutte ardemment pour la conservation des valeurs ancestrales. Voilà pourquoi il a fait de l’amélioration des conditions de vie de ses populations son leitmotiv. Il le fait en s’impliquant activement dans la fourniture de l’eau potable et de l’électricité aux populations, la construction des routes, des écoles et des hôpitaux dans le village. Dans ce dossier, il explique les stratégies à mettre en œuvre pour sortir son village du sous-développement. Né en Août 1963, il commence ses études à l’école Saint André de MBanga. Après l’obtention de son CEPE, il s’inscrit au Centre Commercial de la Comptabilité et de Secrétariat d’où il ressort avec un diplôme de comptable qui lui permet de décrocher un emploi à la BICIC. Il y occupe successivement les postes de Chargé de la Clientèle et des particuliers (Bamenda), Secrétaire d’exploitation (Bafang), Chef d’Agence BICIC (Bamenda) et aujourd’hui correspondant régional marchés des PME et PMI. En 1994 il obtient le Diplôme d’Études Supérieures en Banques à l’Institut Technique des Banques à Paris. De retour au Cameroun, il continue de servir dans la même banque désormais appelée BICEC. Il à reçu la distinction honorifique de chevalier de mérite en 2003 et la médaille d’or de travailleur en 2008.

À l’occasion des funérailles de son prédécesseur au palais royal de Balatchié-Fotouni, il s’est livré à un exercice de questions-réponses dont voici la teneur.

1- Sa Majesté, vous officiez comme chef du village Balatchié depuis quelques années. Comment appréciez-vous cette fonction?
Je considère en tant que chef que ma vocation est d’assurer la continuité des actions initiées depuis des lustres par mes prédécesseurs, celle de conduire mon village vers le développement.
2- S’agissant du développement, quelle est la stratégie que vous entendez mettre en œuvre pour Balatchié?
Mon premier objectif est de stabiliser l’exode rural. Je crois que le développement a pour finalité l’homme et pour ce fait, j’entends céder les champs aux jeunes, puis faciliter les mariages et les appuyer en dons de semences et d’engrais.
Une fois intégrée, la jeunesse active va s’orienter vers la production agricole diversifiée. Après la patate et le manioc, nous voulons étendre la culture maraîchère et profiter de notre hydrographie très riche pour développer la pisciculture.
A mon sens, le village devrait être transformé en pôle de production pour mieux nourrir les villes.
Je projette en second plan avec l’appui des élites et des pouvoirs publics ouvrir les routes, construire et équiper les écoles et poursuivre l’électrification du village.
3- Quelle lecture faites-vous de la tradition?
Je pense qu’elle recule à l’Ouest et dans d’autres parties du Cameroun; à ce rythme les générations futures n’auront plus de repères. Il n’est pas pensable que l’on privilégie les cultures importées à celles que nous ont léguées nos ancêtres. Le retour à la source est un impératif, le gardien de la tradition a un rôle important à jouer dans ce sens. Nous devons vulgariser les connaissances à travers les programmes et les supports de communication pour vulgariser notre culture voire l’instaurer dans les écoles.
4- Sa Majesté que dites-vous de la paraisse de la jeunesse?
Plus haut je crois avoir dit que je mise sur la jeunesse, elle reste en ville et pense que le village est destinés aux vieux et aux ratés, or les grandes villes ont été il y’a 40 ans des villages et leur stade de développement actuel est le fruit du travail des résidents. Je leur demande de retourner en campagne pour travailler et développer ces campagnes.
5- Quels sont vos projets d’avenir à court terme?
Je veux bâtir un Balatchié de rêve, où les routes sont bien aménagées pour écouler les récoltes, où il fait bon vivre, d’ailleurs je pense que le tourisme sera le prochain secteur d’investissement avec atout géographique des montagnes. Les carrières de sable et les pâturages pour l’élevage constitueront les prochains pôles d’exploration. Je crois à ce rêve et demande aux Balatchié de se souder et de travailler pour le rendre possible.
6- Quel message adressez-vous à la diaspora?
Je demande aux Balatchié de la diaspora de penser au village et de contribuer moralement, financièrement et techniquement à la construction de leur village en s’inscrivant dans la dynamique du CODEBA, (le bureau du Comité de Développement) pour réfléchir avec les autres sur les questions de la vie du village.

 

Il est toujours important d’utiliser le terme « Balatchié-Fotouni » par opposition à un autre village du groupement Fondjomekwet qui porte le même nom.

Nouveau Membre Demandé 6 jours plus tôt dans Autres.
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